mardi 1 avril 2014

Saison 1, épisode 15 : La veillée d'armes

Voilà plusieurs heures que j'ai été conduit ici, dans l'Oratoire de la Tour de Whitehall, pour y passer la nuit entière en prières.
Ser Orson Whitefall
Même si des frissons parcourent mon corps de temps à autre, je me sens suffisamment fort pour résister à la fatigue et au froid. La faible lumière, filtrée par les vitraux il y a une heure encore, a laissé place à l'obscurité. Elle m'enveloppe tout entier. Seules les flammes tremblantes des cierges sur l'autel des Sept, donnent un peu de clarté.

Elles éclairent l'épée et les éperons d'or que l'on me remettra demain, jour du Guerrier de l'an 289, lors de la cérémonie de mon adoubement.
Le silence est presque total. Il m'aide à me plonger dans une méditation profonde. Ni les hululements d'une chouette au loin, ni le cliquetis des gens d'armes allant et venant sur le chemin de ronde ne parviennent à me distraire.

Lord Wyllos Tyrell Le Preux
Et le souffle régulier de respiration de Wyllos, euh...je veux dire de Lord Wyllos le Preux, qui est debout à mes côtés, me rassure.
Je me tiens droit, les mains jointes, dans un état de dénuement extrême pour pouvoir accomplir la mission qui me sera confiée demain.
Durant toute la journée, on s'est efforcée de m'y préparer. On m'a servi mon dernier repas ce matin, avant d'être soumis au jeûne qui me prive de toute nourriture. Puis le Septon m'a conduit vers un baquet rempli d'eau ou j'ai dû me plonger pour prendre un bain, "afin de purifier votre corps et votre esprit comme le jour de votre baptême", m'a-t-il expliqué.C'est alors que j'ai revêtu une tunique blanche avant de me rendre ici, débarrassé de tous mes attributs habituels.
La main de Wyllos posée sur mon épaule vient de me faire sursauter. La fatigue a failli me faire vaciller. Et moi qui pensais que je resterais éveillé coûte que coûte ! Heureusement que mon protecteur est là, à guetter mes moindres faiblesses.
J'ai tourné la tête vers lui et j'ai cligné des yeux pour exprimer... ma reconnaissance. Il n'a pas bougé d'un cil, ne voulant en rien me distraire. J'ai réussi à reprendre le fil de mes pensées. Mais, peu à peu, celles-ci se sont mises à suivre un chemin singulier en m'entraînant, sans que je m'en rende bien compte, dans mon passé lointain. Et brusquement, des souvenirs, que je croyais disparus pour toujours, me sont revenus en mémoire et m'ont ému au point de me faire pleurer... A ma chère mère...et mon Oncle...
Lord Wyllos a bien voulu de moi comme écuyer. Mes jambes tremblaient de fatigue et d'émotion. Mais il a suffi d'un sourire, de paroles chaleureuses pour me réconforter. A partir de ce jour, ma vie a changé radicalement. Je me destinais à devenir guerrier et il fallait que je gravisse toutes les étapes jusqu'à celle d'aujourd'hui.
Le chemin n'a pas toujours été facile à suivre. Il m'a fallu serrer des dents, subir les moqueries de mes compagnons, ravaler mon orgueil, tirer les leçons de mes échecs... Bref, me transformer en un adolescent robuste et vaillant, capable d'affronter les rudes combats de demain. Wyllos a veillé sur moi comme un jeune frère, avec patience, bienveillance et aussi fermeté.

Il m'a fait affronter vaillamment toutes sortes d'épreuves : sauter les fossés, nager dans l'eau glaciale de la Mander, lancer le javelot le plus loin possible, supporter sur ma faible carcasse le poids des armures...

Ces exercices étaient certes destinés à développer mon endurance et mon courage, mais il fallait voir avec quel plaisir Wyllos me regardait souffrir !
- Voici l'heure, mon fils !
Ces mots murmurés viennent de me sortir de ma torpeur. J'ouvre les yeux. La lumière blafarde de l'aube éclaire faiblement le visage du Septon qui se tient devant moi. Son air est grave. Il m'invite à le suivre au fond de l'Oratoire pour que je me confesse avant d'assister à la cérémonie solennelle.
J'ai du mal à réaliser. Dans quelques heures, je vais être chevalier, en présence de mon père, de mon oncle et ... de Lord Wyllos.

3 commentaires:

  1. Des persos qui sont autant de friandises dans la boutique du confiseur pour la bande de sales gosses que nous sommes.

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  2. On voit bien que ce n'est pas toi la mère de la friandise...

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  3. Beaucoup de fierté en ce jour emplisse le coeur de Lord Aurion.

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