jeudi 4 novembre 2010

Eïnnart le Tris-Aïeul


La Cathédrale, fondation de Haven, Terre de la Lumière Cohérente

La Cathédrale s'élance dans l'Horizon azuré, comme une flèche d'argent. Cette cité aérienne, érigée pour la gloire du Prime, siège dans les cieux du Royaume de la Pierre Quintessencielle. Ville, monastère, citadelle et lieu de culte du Coeur Céleste, la Fondation de Haven est tout cela à la fois. Survolant au-dessus des nuages, elle trône dans l'azur comme un sphinx endormi.

Ses dômes protègent des bassins d'Agate où cygnes, paons et poissons d'argent, donnent une atmosphère de profonde quiétude. Mais la Cathédrale est aussi la demeure ancestrale des Chevaliers des Pierres, cette puissante caste de mages-guerriers qui honorent les vertus chevaleresques d'un autre temps.

Séjour de béatitude, de repos et de délassement pour ces paladins célestes. Inexpugnable, la Cathédrale est le fer de Lance d'une tradition qui se meurt, et qui s'élance pour le dernier combat de la Grande Réunification.


Les Cabales

Certes, la Cathédrale a été fondée pour être le siège d'une cabale unique : celle des Paladins d'Adamante. Mais au fil des siècles, Eïnnart le Tris-Aïeul, a permis l'émergence de Cabales minoritaires et complémentaires. Avec celles des paladins, nous pouvons en recenser quatre. Chacune a sa fonction mais elles se doivent d'aider les Paladins dans leur dure labeur. Revêtant un aspect monastique, la Cabale des Frères de l'Orthose et celles des Soeurs du Jaspe Lumineux, sont respectivement des ordres masculins et féminins. Il n'y a que la Caste des Paladins et celle des Compagnons qui soient mixtes. A savoir aussi, mais cela est propre à la Fondation de Haven, que toutes les cabales ont un aspect et un fonctionnement médiéval. Bien que des rumeurs circulent sur le fait qu'il existerait des intrigues et des rivalités entre les cabales, le Grand Oracle Eïnnart veille à ce qu'aucun foyer de dissension n'éclate. Apparaissant comme une sorte de Patriarche tyrannique et bienveillant, il insiste sur le fait que tous les membres de la fondation, sont frères et soeurs.


La Caste des Paladins Célestes : les Chevaliers des Pierres Précieuses

Lorsque Eïnnart devint le Grand Oracle du Prime, il voulut créer son propre Royaume dans l'Horizon. N'ayant plus le soutien du Choeur Céleste qui pensait qu'il était contraire à la Tradition de créer une élite guerrière, Eïnnart dû trouver le soutient auprès d'autres instances. Il partit seul dans l'Umbra Profonde où il rencontra les Neufs Pierres. Ces pierres précieuses au nombre de neuf, n'étaient autre que la représentation matérielle des 9 incarnats placés au service de Eon-Il-Abba et de Lady Beloïa. Chacune de ces pierres symbolisent le pouvoir de la sphère de la Tellurie. Eïnnart conclut donc un pacte avec ces demi-divinités. Il leur accorda sa virginité encore intacte en échange de leur soutient pour la création de la Cathédrale. Les 9 pierres concertèrent leur Maître et acceptèrent son offre. Elles se firent femmes et s'offrirent à lui. Personne ne le sut car les pierres prirent l'apparence de 9 prêtresses du Choeur Céleste, venues honorer le Grand Oracle.

Neuf mois plus tard, les 9 prêtresses mirent au monde de splendides jumeaux, sauf la prêtresse du Prime qui eut un fils unique. Puis leur tâche accomplie, elles disparurent pour laisser leurs enfants entre les mains de nourrisses. Elles réacquirent leur apparence initiale mais voulurent être les marraines, les soeurs ou les dames des futurs chevaliers qu'elles avaient mis au monde.

Histoire d'Eïnnart le Tris-Aïeul

Le Choeur Céleste

Plus qu'aucune autre tradition, le Choeur Céleste se dévoue au bien-être de tous les hommes et de toutes les femmes. Il cherche à protéger l'humanité des maux sans nombre du Monde des Ténèbres. Le Choeur Céleste a donc pris les armes de façon guerrière pour combattre les forces du Mal.

L'Inquisition

En 1171, le Choeur Céleste était encore un ordre très secret, qui opérait en retrait de l'Eglise et combattait les forces corruptrices des Nephandi. L'Ordre d'Hermès était déjà devenu la proie des pouvoirs maléfiques, et ce fut alors le tour des disciples du Choeur de s'en occuper, quand besoin était. Cette prise de conscience se fit en 1184, sous le règne épiscopal du Pape Lucius III. L'armée de la « Grande Blanche » menée par les plus grands prêtres-guerriers, venait de naître. Les Paladins du Choeur Céleste étaient triés sur le volet. En plus d'être un parfait guerrier, il devait être un haut-initié. Sa vie entière était placée au service du culte, sans avoir l'espoir un jour de fonder une famille et d'avoir une descendance.

Eïnnart le Torve, fut l'un des premiers Paladins à répondre à l'appel. Personne n'a jamais réellement sut pourquoi Eïnnart s'était joint aux Paladins. Ils était d'un naturel plutôt sombre et mélancolique, cachant probablement une tragique histoire. Même Grégoire le Sanctifié, son meilleur ami, n'a jamais réussi à percer les noirs secrets de ce germain taciturne.

En 1184, sur l'Ordre de Lucius III, les trompes de l'Inquisition retentirent dans le monde entier. L'Age des Ténèbres devait laisser la place à l'Age d'or, durant lequel le Choeur céleste devait régner. Les forces du Mal, menées par les vampires, les Garous, les Spectres et les Fées devaient être purifiés par le feu Rédempteur. La lutte fut acharnée et toujours justifiée. Personne d'autre que les Paladins Célestes ne pouvait venir en aide aux humains, considérer injustement par les zélateurs du Mal, comme un vulgaire troupeau de moutons prêt à se faire dévorer. L'épée Sainte-Justicière d'Eïnnart ne faillit jamais dans sa danse de mort et c'est souillé du sang le plus impure que le Paladin s 'éleva dans les hautes sphères magyques et guerrières.

La dernière croisade

Accompagné par son choeur (9 paladins), Eïnnart rendit visite à Hildegarde de Binden pour savoir si cette choriste allemande (XIIème s.) n'avait pas été corrompue par les Nephandi. Sa surprise fut totale lorsque la vieille abbesse bénédictine, lui confirma son appartenance au Choeur Céleste et qu'elle lui livre le message. Eïnnart donna l'ordre à son choeur de repartir pour Rome en le laissant seul à l'abbaye de Saint Rupert, à Mayence.

Dans les années qui suivirent, le Paladin fut initié à l'art de la Lécanomancie : la divination par les pierres. La vieille abbesse avait réussi à percer les mystères des gemmes. Pétrie par les écrits de Flavius Josephe (historien juif du 1er siècle après JC), de Saint-Jérôme à qui l'on doit la traduction de la Bible en latin, d'Avicenne et du Pape Grégoire le Grand, elle parvint à comprendre que les pierres précieuses, à l'image du Prime, sont inaltérables. Considérées comme un don divin de l 'Une, les gemmes passaient pour des fragments de l'Une. Pour le Choeur Céleste, l'Une n'est autre que le mental et le désir combinés de l'humanité. Pour des raisons inconnues, l'Une s'est accordée la vie, mais s'est ensuite fragmentée il y a bien des années.

« L'humanité vit la beauté du Soleil levant, mais dut en détourner les yeux à midi pour ne pas être aveuglée, fut frappée par les superbes couleurs des fleurs et des feuilles ; les vit aussi se faner, constata que le scintillement de l'eau n'était rien moins fugitif. De toutes les merveilles naturelles de ce monde, seules perduraient les pierres précieuses. Elles ne pouvaient qu'être magiques et tout détenteur d'un tel objet devait de temps à autre être à même d'en libérer le pouvoir ».


Sainte-Hildegarde de Binden


C'est durant son enseignement auprès de Sainte-Hildegarde qu'Eïnnart conçut la Caste des Chevaliers des Pierres, et qu'il devint Adepte du Prime. Eïnnart comprit que l'une des raisons pour lesquelles l'Une se matérialisa sous forme de pierre, était d'affronter la laideur et les maux sans nombre de l'univers. Il mit au point toute une eschatologie et rebaptisa tous les termes sacrés de la tradition. De retour à Rome, il soumit son nouveau schéma d'Ascension à ses frères de la grande Blanche.

Son désir de fonder un nouvel ordre guerrier à l'image des pouvoirs et de la symbolique des pierres précieuses.

Il affirma que l'Une, la source de toutes choses, n'était autre que la pierre lumineuse. Lors de la grande implosion cosmologique, appelée Réconciliation, tous les fragments de l'Une, c'est-à-dire, toutes les gemmes se réuniront pour former la pierre Quintessencielle qui illuminera la Nouvelle Tellurie. Lors de la Réconciliation, il y aura une réagrégation de tous les Royaumes de la Tellurie avec la Terre, dans une vaste juxtaposition de réalités.

Comme aucun membre du Choeur Céleste ne savait à l'époque si la Réconciliation devait survenir ou être provoquée, Eïnnart trancha et proposa alors sa théorie. Selon lui, à l'image du Christ qui est venu sur Terre pour délivrer le message de Dieu, le saint-Graal délivrerait le message ascensionnel de sa caste guerrière pour provoquer la réconciliation.

Signalons encore que le Saint-Graal, qui recueillit le sang du Christ, avait été taillé dans une pierre précieuse. Cette gemme provenait du front de Lucifer. Lorsque l'Archange Michel triompha de l'Ange Déchu, la pierre tomba sur terre. On en fit un calice.

Autant dire qu'EÏnnart fut qualifié « d'hérétique », même si son idéologie militaire et religieuse avait beaucoup de points communs avec celle du Choeur Céleste. Tout n'était qu'un problème de terminologie. Mais en ces temps très obscurs, on ne faisait plus confiance aux Paladins ayant guerroyé trop longtemps au contact du Mal. Certains membres prétendaient que les Ténèbres s'immisçaient peu à peu en eux, quoiqu'ils le veuillent.

Eïnnart ne dût sa vie sauve qu'à l'intervention de son ancien compagnon, Grégoire le Sanctifié. En fait, Grégoire ne put que suspendre une terrible sentence : celle du Gilgul et de la mort par le Feu Purificateur. Il prit Eïnnart au mot et lui ordonna de se lancer à la recherche du Saint-Graal, priant pour qu'il ne le trouve jamais.

Chose étonnante, peu de temps après le départ d'Eïnnart, le Choeur Céleste perdit le contrôle de l'Inquisition. Même si les paladins de la Grande Blanche constituaient des adversaires très efficaces et déterminés, il arriva que leur ferveur les dépasse et que des créatures n'ayant pas mérité pareil traitement, reçoivent un châtiment inexplicable. Grégoire le Sanctifié qui entendait détruire tous les vampires a, par la suite, cessé sa quête lorsqu'il s'est avisé que tous n'étaient pas totalement mauvais et que certains cherchaient même la rédemption. Il prit son manteau de pèlerin, et quitta l'ordre des paladins en pleine décadence. L'Eglise s'accapara les vestiges de cet ancien ordre qui devint pour les siècles à venir la Société de Léopold, la vile Inquisition.

On ne sut jamais ce qu'il advint d'Eïnnart le Torve et de Grégoire le Sanctifié...

C'est en 1244,soit plus d'un siècle plus tard, que l'Inquisition retrouva la trace d' Eïnnart le Torve. Inscrit dans les procès inquisitoriaux de la papauté, le jugement de cet « hérétique » particulier n'avait jamais aboutit. Eïnnart apparaissait dans les textes comme un illuminé dangereux, parti à la recherche du Graal. Malgré de nombreuses recherches effectuées par l'Eglise, personne ne put retrouver sa sépulture. C'est durant le siège de l'hérésie cathare, que le nom du Moldavius le Torve, réapparut. S'agissait -il du même personnage ou bien d'un descendant ? La question intrigua l'Inquisition d'autant plus que 112 ans s'étaient écoulés, plus qu'il ne fallait pour venir à bout d'une vie humaine. La théorie selon laquelle il s'agissait d'un descendant ne pouvait pas exister puisqu'Eïnnart n'avait eu aucun rejeton et que le voeux de chasteté était primordial dans la Grande Blanche. Le seul détail qui permettait d'affirmer qu'il s'agissait bien du même individu était le nom de Moldavius. En effet, selon la tradition biblique, le Graal aurait été forgé soit dans une émeraude, soit dans un rubis ou dans un bloc de moldavite, une pierre météoritique. D'ailleurs, la moldavite doit son nom au pays dans lequel on peut la trouver : la Moldavie, la Bohème ou la Moravie. Or lorsqu'Eïnnart partit de Rome, il prit la direction, non de l'ouest mais celle de l'Est.

Aux yeux de l'Inquisition, Eïnnart Le Torve avait trouvé le Graal et en avait percé le mystère. Par on ne sait quel miracle diabolique, il avait trouvé le secret de la vie éternelle et utilisait la Sainte relique aux services des hérétiques. Se présentant comme un mercenaire placé aux services des chefs cathares, Moldavius devait sans doute être à l'origine de cette hérésie. Malgré tous les prétextes politiques et religieux que les cathares avaient fourni à l'Eglise et à l'autorité royale, c'est pour l'acquisition du Graal que la croisade contre les albigeois fut donnée. Le siège du Montségur, dirigée par Simon de Montfort, aboutit au massacre de 205 réprouvés, convaincus d'hérésie. La Société de Léopold qui dans l'ombre, avait manipulé Louis IX et le pape grégoire IX, fut fort surprise de n'hériter que de carcasses brûlées d'hérétiques et des ruines fumantes de Montségur. Le Roi de France qui espérait tant obtenir le trésor des cathares, n'obtint même pas la certitude d'avoir jugulé l'hérésie. Pour la Société de Léopold, ce fut un fiasco total. Le soi-disant Moldavius Le Torve, s'était volatilisé avec la coupe sacrée.

Ce fut probablement cet échec retentissant qui conditionna le détachement progressif de l'Eglise avec sa branche fanatique. A dater de ce jour, la Société de Léopold se discrédita et perdit peu à peu son emprise sur les papes. Ce processus d'ostracisme alla en s'amplifiant dans les siècle à venir.

Eïnnart devait encore faire parler de lui. Il attendit dans l'ombre que la situation se détériore afin de préparer son retour.

La décomposition du Moyen Age

Deux principes régissaient le Moyen Age : l'honneur et la foi. Pendant 400 ans, deux classes sociales, la noblesse féodale et le clergé, s'étaient vouées à les maintenir. Or voici que toutes deux s'en détachent pour suivre des voies particulières où les engage leur égoïsme. Dès lors, l'âme du monde féodal se dissout. Le spectacle des défaillances et des dépravations des classes dirigeantes engendra partout le matérialisme et le scepticisme. La moralité sombra, tomba lentement, tristement en ruines. On avait l'impression d'une civilisation qui avortait, d'un monde qui finissait.

A force de raffiner sur l'idéal chevaleresque, la noblesse féodale est arriva à ne se piquer plus que d'un héroïsme de façade, pompeux et vide. Toute considération d'utilité, réputée avilissante, fut exclue. La fin de la bravoure n'étant plus le service du Roi, la prouesse n'a plus pour objet qu'elle-même. Mais derrière le déploiement fastueux de ces vertus théâtrales, il n'y avait que vanité, cupidité, sensualité, scepticisme moral, égoïsme absolu. Finies cette fureur de combats, ces éclatantes prouesses. Le lien féodal n'obligea plus personne : la loyauté feinte du chevalier sut se dérober fièrement avec de belles attitudes et une noble piaffe.

Et de son côté, l'Eglise semble prendre tâche de détourner d'elle les croyants, dans la mesure même où leur foi est plus ardente et plus scrupuleuse. A travers les désordres scandaleux du schisme, les indignes querelles des antipodes, les ambitions, le luxe, les moeurs des cardinaux et des évêques, le marchandage effréné des dignités ecclésiastiques, les richesses insolentes, l'esprit intrigant et dominateur des ordres mendiants, elle n'apparaît plus au peuple des fidèles que comme une exploitation éhontée de la foi.

Le retour d'Eïnnart

L'ancien paladin de la Grande Blanche, se faisant appelé maintenant, Eïnnart le Tris-Aïeul, fit parvenir plusieurs hérauts aux membres du Choeur Céleste. Son message était clair : le temps des querelles terminologiques et théologiques était fini. Le Choeur Céleste avait prouvé son impuissance et son incapacité à combattre les forces des ténèbres. L'humanité était rongée par la peste cadavérique, chevauchée par les Sans-repos et décimée par la rage des Loups. Il était grand temps que les Chevaliers d'Adamante réintègrent leur fonction sans aucune condition. C'est donc contraint et forcé par l'ampleur de la catastrophe, que le Choeur Céleste reconnu et intégra dans ses forces, la caste des chevaliers d'Eïnnart. Et depuis, il ne se passe pas un siècle sans que les membres du Choeurs, bénissent le jour de cette réconciliation.


Les Cabales

Les frères de l'Orthose, les gemmothérapeutes

Le recours aux propriétés curatives des pierres, attesté dès l'Antiquité, est sans doute aussi vieux que le premier mal de tête. Pour certains, le pouvoir thérapeutique des pierres précieuses s'explique par le fait que le règne minéral matérialise les énergies cosmiques. Les pierres auraient la faculté de guérir, à condition d'appliquer la gemme adéquate sur la partie malade. Dans les croyances européennes, en vigueur notamment au Moyen Age, les parties du corps étaient gouvernées par des astres qui eux-mêmes correspondaient à des pierres précieuses. Il fallait donc, selon l'organe ou le membre souffrant, y appliquer la pierre correspondante. Les pierres précieuse réduites en poudre sont censées conserver leurs pouvoirs. De même, les infusions et les élixirs de gemme passent pour efficaces.

Eïnnart comprit un peu tard, la nécessité de fonder, au sein même de sa fondation, une Cabale exclusivement constituée de guérisseurs. Ce n'est qu'au XVI siècle que la Cabale des Frères de l'Orthose vit le jour. Le Tris-Aïeul voulait qu'un homme à la fois philosophe, scientifique, remplisse cette tâche. Il fit venir à lui Jérôme Cardan, philosophe et médecin italien, qui avait consacré un épais volume sur la lapidothérapie. Il lui octroya tous les pouvoirs nécessaires pour fonder son ordre de médecins, à la seule condition de ne recruter que des hommes.

Kardan est un homme du 16ème siècle, c'est-à-dire qu'il est avant tout pétri d'Humanisme et de sagesse. Il assume parfaitement sa haute fonction de médecin du Roi, montrant à de nombreuses reprises son efficacité face à la maladie ou aux soins des Chevaliers. Mais c'est avant tout un chercheur. Aussi a-t-il délégué ses pouvoirs à Frère Gurval, qui profita de ce léger laxisme pour donner un aspect plus monacal à leur institution. Même s'il apparaît comme un excellent bras droit, Gurval n'en reste pas moins un parfait zélateur qui, dans la cabale des Frères de l'Orthose, est à l'origine de ce silence religieux et de cette extrême austérité. D'ailleurs, lorsque le Grand Diacre de la Cabale, rend visite à ses gemmothérapeutes, tout le monde est surpris du contraste de personnalité entre Kardan et Gurval.

Comme nous le verrons plus tard, Haven est desservi par un ensemble très complexe d'escaliers et de marches qui relient les différentes terrasses aériennes. La terrasse de l'Orthose est admissible par les marches de l'Energie ou du Courage. Cette terrasse se trouve elle-même à la 4ème strate céleste de la Cathédrale, juste auprès des Soeurs du Jaspe. Hormis du fait qu'il s'agit d'un vaste hôpital mystique, l'Eglise de l'Orthose possède aussi des laboratoires expérimentaux. D'ailleurs Kardan y passe le plus clair de son temps. C'est dans ces laboratoires qu'on broya les pierres pour en faire des poudres et des élixirs.

Les frères de l'Orthose procèdent à de multiples expérimentations où les sphères Prime et Matière sont durement mises à l'épreuve. Leur but est de créer la Pierre Lumineuse la plus pure qui soit. Une beauté magique et minérale qui pourrait soigner toutes les maladies. Bref, une pierre qui contiendrait toutes les vertus thérapeutiques des pierres précieuses, la médecine universelle cristallisée sous la forme d'une gigantesque gemme.

Les Soeurs du Jaspe

d'origine assyro-babiloniene, la lécanomancie fut en usage, chez les Perses, les hébreux, les égyptiens, les grecs et les romains. Elle continua de connaître une grande vogue au Moyen Age, en Orient comme en Occident. La lécanomancie se pratique en laissant tomber les gemmes dans l'eau. Pour certains, « il en sortait un petit sifflement mystérieux qui annonçait la chose désirée. Pour d'autres, l'objet de cette divination consistait à « produire dans l'eau des effets de lumière facilitant le travail de l'imagination.

En mémoire à Sainte Hildegarde de Binden, Eïnnart institua cette Cabale aussitôt après avoir fondé la Cathédrale. Il était indispensable pour le vénérable Oracle de connaître les fils du passé, du présent et de l'avenir. Si les Frères de l'Orthose est un ordre purement masculin, Eïnnart insista pour que la voyance soit l'apanage des femmes. Ainsi, les Soeurs du Jaspe Lumineux ne devaient compter que des femmes dans leur rang. Eïnnart rendit visite en personne à une « Parfaite » en clandestinité, à qui il avait apprit la lécanomancie. Esclarmonde était prometteuse mais son initiation fut interrompue par le massacre albigeois. Le Patriarche l'invita à le suivre à Haven où elle serait la « supérieure » d'un collège de voyantes. Érigeant le Jaspe comme symbole de leur prescience, c'est en buvant un élixir sacré qu'elles savent lire dans les cercles concentriques de la Fontaines de la Confiance.

Esclarmonde est une femme du Moyen Age et de surcroît cathare. Selon elle, toute l'idéologie mazdéiste des bogomiles est corroborée par l'existence de Puissances qui régissent la Réalité. Le monde lui apparaît plus que jamais comme un vaste champ de bataille où sans cesse l'épée des Paladins doit frapper. Elle connaît toutes les familles d'Eveillés et leurs histoires, ce qui lui permet de rester objective et lucide quand il s'agit de prendre une décision. Mais sous des aspects de profonde quiétude, elle renferme une colère inextinguible qui remonte jusqu'au massacre des albigeois. De tous leurs ennemis, elle voue une haine particulière à l'Inquisition. Mais en étant Diacre des Soeurs du Jaspe, elle ne doit rien laisser paraître. Elle accomplit sa ta^che religieusement avec une loyauté aveugle envers Eïnnart.

On parvient à la terrasse des Soeurs du Jaspe par les marches de la confiance. Leur chapelle se situe à la 5ème strate céleste de la Cathédrale c'est-à-dire, l'étage le plus proche de celui d'Eïnnart le Tris-Aïeul. Et pour cause, Esclarmonde est la conseillère d'Eïnnart, ce qui explique sa proximité avec le patriarche. La chapelle du Jaspe renferme plusieurs fontaines et différents bassins. Dans un vaste jardin aérien, sont éparpillés diverses vasques d'argent, finement sculptées. C'est dans ces vasques que les Soeurs prédisent l'avenir, ou regardent dans le passé. Dans le sanctuaire des sanctuaires, se trouve la vasque de l'Oracle. Personne d'autre qu'elle ne peut ou ne doit y pénétrer. C'est ici que la Mère supérieure communique avec toutes les fondations mondiales du Choeur Céleste. Aussitôt qu'une catastrophe survient, il suffit d'une prière pour qu'Esclarmonde réponde à l'appel. Elle est les yeux et les oreilles de la Caste des Chevaliers des Pierres. Curieusement Esclarmonde est aveugle et nul n'a jamais su pourquoi.

Les Soeurs du Jaspe sont toujours déconcertées par l'avenir ; l'univers des possibles. Selon elles, il s'agit toujours d'une Terra Incognita. Le monde des Ténèbres et son avenir restent toujours fluctuant et difficile à lire. Plus que tout autre mage, elles ont conscience du danger des Paradoxes et oeuvrent pour une magye plus coïncidentale. Leur but est simple, lire et envoyer dans un futur proche des Soeur du Jaspe, pour jalonner de certitudes le futur de la Caste. Le but final étant de voir la Grande Réunification prévu par le Choeur Céleste.

Les grands Orfèvres primordiaux

Les civilisations du bassin méditerranéen connaissaient la magie des Pierres et leur utilisation amulettique. D'après des ouvrages comme « Des sceaux, des pierreries du Roi Salomon ou un Traité des Talismans de Pierre de Bresche (XVII), on reconnaissait des pouvoirs magiques aux différentes pierres de la création. A partir de ce postulat de base, Eïnnart décréta indispensable l'existence d'une confrérie au sein de sa fondation, qui regrouperait des forgerons, des orfèvres, des enlumineurs. Il délégua cette tâche particulière à Boetus de Boodt, philosophe, naturaliste et médecin de Rodolphe II de Hasbourg. Il l'arracha de son siècle (XVII) et l'intronisa Grand Orfèvre du Prime. Sa tâche était ardue mais non dépourvue d'intérêt car elle consistait à pourvoir en armes et en talismans, la caste des Chevaliers.

Le premier talisman qui sortit des forges de Boetus, fut le pectoral d'Eïnnart. Les vêtements sacerdotaux d'Aaron, frère de Moïse et premier grand-prêtre hébreux, comprenait le pectoral, pièce d'une vingtaine de centimètres, composée « d'or, de bleu d'azur, d'écarlate, de cramoisi et de fin linge retors » portant 9 pierres, chacune gravée du sceau des 9 sphères de la Magye. Suite au don de ce pectoral, Eïnnart rebaptisa Boetus « Aaron » en mémoire de cette référence biblique.

Aaron est un personnage fort mystérieux qui ne sort quasiment jamais de sa gorge, nom donné à a chapelle des orfèvres. On le dit en contact perpétuel avec Eïnnart qui lui commande toujours plus de talismans. C'est le seul des Grands Diacres à porter un masque d'argent incrusté de mille pierreries.C'est aussi le seul à avoir accès à la fontaine du Prime qui coule du ciel au entrailles de la Cathédrale. Certains prétendent que c'est grâce à cette éternelle fontaine que les armes et les talismans sont enchantés. Aaron reste volontiers à l'écart des Conclaves de la caste. Ce n'est que contraint et forcé qu'il répond aux ordres d'Eïnnart pour y assister. Il supervise tous les travaux de ses maîtres d'oeuvre et plus que jamais, règne dans son ordre cet ancien esprit de compagnonnage du Moyen Age. Les apprentis sont triés sur le volet et doivent faire preuve d'une loyauté sans borne.

On accède à la Terrasse des Orfèvres par les marches de l'honnêteté. Elle se situe à la troisième strate céleste, entre celle des chevaliers et celle des Frères de l'Orthose. Autant il est possible d'avoir facilement accès à toutes les terrasses, autant il est difficile de pénétrer chez celle des Orfèvres. Cette strate est placée sous une étroite surveillance dont le Sénéchal Thrun est responsable. C'est en quelque sorte, la salle du trésor de la Fondation. Cette chapelle est la seule qui s'ouvre sur le pilier centrale de la Cathédrale, qu'on appelle aussi Pierre Angulaire.

Mise à part la fabrication de talismans et d'artefacts pour la caste, le but des Orfèvres reste bien mystérieux. Et pour cause, ils ont tous fait voeux de silence.

Le Choeur de Pierre, les Chevaliers d'Adamante

De toutes les Cabales, le Choeur de Pierre est la préférée d'Eïnnart. C'est pour elle et pour justifier son existence qu'il consacra sa vie entière à la construction de la Cathédrale. C'est pour cette cabale qu'Eïnnart le Torve fut chassé par ses pairs, qu'il se lança à la recherche du Graal et qu'il endura mille peines. C'est dans cette Cabale que les paladins sont initiés dès leur plus jeune âge aux arts de la guerre et de la magye. On attend d'eux un total dévouement et ils doivent être prêts à affronter les multiples dangers du monde des Ténèbres. Il n'y avait qu'un homme capable d'éduquer ces futurs chevaliers : Grégoire le sanctifié, le plus ancien des paladins du Choeur Céleste. C'est lui qui est responsable de l'éducation chevaleresque et religieuse des paladins.

Grégoire le Sanctifié croisa très vite le chemin de son ancien compagnon de fortune, et c'est ensemble qu'ils se lancèrent sur les traces du Graal. Il plaça une confiance aveugle en Eïnnart, qu'il avait pourtant critiqué. Devenu grand Oracle du prime, Le Torve l'emmena avec lui dans son royaume umbral pour lui montrer le fruit de sa création : la Cathédrale. Grégoire se plia vite aux exigences guerrières et religieuses de son compagnon et l'aida à peupler son royaume « d'élus », choisis sur Terre pour leur valeur morale. Il inspire crainte et respect car c'est à lui que revient la lourde tâche de fortifier l'âme de ses guerriers. Il est aimé et haït comme tous les chefs de guerre, mais personne n'osera se rebeller face à son autorité.

La chapelle des chevaliers se trouve à la seconde strate céleste de la Cathédrale. On y accède par de nombreuses marches. Les marches de la Chasteté, de la Justice, de la Piété et de la Tempérance.

Dans l'immense chapelle des Paladins, se trouvent neuf loges hermétiquement closes. C'est dans ces loges personnelles que résident les 9 célestins patronnant les chevaliers. Seul le chevalier placé sous son hospice, peut pénétrer dans cet espace sacré. C'est une chapelle dédiée au culte de la pierre dans laquelle le chevalier doit venir se ressourcer. C'est aussi dans cette chapelle que résident les « dames » des paladins pour lesquelles ils font mille prouesses.

Le reste de la Chapelle du Choeur de Pierre est consacré au combat et aux joutes. Les maîtres d'Armes entraînent et encadrent les chevaliers.

Un seul et unique but : s'élancer pour le dernier combat de la Grande Réconciliation.

Les Nodes

Abbaye de Saint Rupert, Mayence, Allemagne

Les religieuses qui vivent à Saint Rupert, sont placées sous l'autorité de l'Eglise officiellement. Gardant les reliques de Sainte Hildegarde de Binden, elles nourrissent de leurs chants et de leurs prières, la Fondation d'Haven. D'ailleurs, en mémoire de la Sainte Initiatrice, la mère supérieure est toujours baptisée Hildegarde. Node plus symbolique que puissant, il offre l'avantage d'être dans le pays d'origine d'Eïnnart.

Les châteaux de Montségur, Guéribus, Peyrepertuse, Puylaurens, Termes et Puyvert.

Ces ruines d'un passé lointain et tragique, représentent le « tronc » quintessenciel de la fondation d'Haven. Sur place, des « Parfaits » montent la garde sans que personne ne s'en rende compte. Ils ont tous été frappés par le sceau de Moldavius Le Torve. Ils ont tous demeurés intacts.

Rome

La ville papale ne représente que les « branches » quintessencielles de la Fondation, au même titre que toutes les autres Fondations du Choeur Céleste. Comme la Tradition des Mages Choristes avait élu domicile ici, depuis longtemps, Eïnnart ne voulut pas complètement rompre les liens avec ses pairs. Son contact sur place est Soeur Evara Immanual, qui est la seule magicienne à pouvoir entrer en contact avec les Paladins du Choeur de Pierre.

Le Val du Bosquet

Nous sommes à l'épicentre même de la nourriture magyque de la Fondation d'Eïnnart. Le Val du Bosquet, dont l'emplacement reste inconnu, représente les « racines » du Royaume-Horizon. Ce serait dans ce lieu mythique qu'Eïnnart aurait découvert le Graal. La source sauvage et indomptable de quintessence s'élève du Val du Bosquet jusqu'aux fondations de la Cathédrale. Cette immense colonne lumineuse autour de laquelle s'est édifiée la Fondation, va au-delà de l'Horizon et trouve sa chute dans l'Umbra Profonde. C'est cette même source qui enchante les artefacts des orfèvres et qui passe dans les appartements privés d'Eïnnart le Torve. Nous n'en dirons pas plus sur ce Node Primordial. Peut-être se trouve-t-il en Bohème, en Moravie ou en Moldavie ?

Le Royaume Horizon Haven

Pour construire son royaume dans l'Umbra Profonde, Eïnnart s'est inspiré de deux motifs. Reprenant la configuration du Pays cathare avec ses principaux sites, il y a calqué l'image idéalisée d'un Moyen Age flamboyant et féerique.

Le paysage y est aussi torturé et mystique que dans les Pyrénées Orientales, mais ici et là fleurissent des sites empruntés à d'autres cultures européennes. Il y a je ne sais quoi de français, d'allemand et d'anglais, dans ce vaste paysage légendaire. Eïnnart a voulu faire de ce royaume, une terre d'asile pour tous les chevaliers du monde occidental.

Des vergers succèdent à des lacs et des étangs. Bosquets, bois et forêts apparaissent dans toute leur splendeur. Quelques pierres-levées sillonnent la campagne éblouie par un soleil ardent. Ce soleil d'ailleurs n'en est pas véritablement un, puisqu'il s'agit d'une puissante Matrice de Prime. Elle strille le ciel d'arcs luminescentes et foudroie parfois la terre. Aucune crainte à avoir quant à ces décharges qui ne font que rappeler la présence, sans partage, du Prime.

Il semble que les ultimes marches du Royaume, correspondent aux châteaux cathares dans la réalité. Mais ici, ils revêtent un autre aspect. Façonnés dans de l'argent pur, ils siègent au sommet de leur pic, comme de puissantes forteresses. Leur oriflammes fouettent aux vents de l'Umbra Profonde.

Précisons seulement que la strate des compagnons est celle des écuyers, des pages et des demoiselles de compagnie, c'est-à-dire, l'ensemble des prétendants aux différentes des prétendants aux différentes cabales de la cathédrale. Pour accéder à la Terrasse des Compagnons, il faut gravir les marches de l'indulgence, de la Générosité, de la Clémence et de la Modestie.

1 commentaire:

  1. Ce contexte a été conçu pour le jeu "Mage : l'Ascension", dans le monde des Ténèbres, mais il n'a jamais été joué.

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